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Ces quelques cas, fictifs, ont été imaginés pour animer un atelier de réflexion (qui a eu lieu à Châtelleraut en septembre 2007) pour des jeunes qui revenaient de voyages Zellidja (voir fin de la page). J'ai mis cinq jeunes par thème et leur ai laissé un moment pour essayer de s'extirper des dilemmes que j'avais concoctés pour eux.  
Essayez-en un ! ces situations ont toutes quelque chose à voir avec les problèmes qui reviennent pendant les voyages.


1. L’argent

 

 

Emilie, joyeuse lycéenne du Nord-Pas-de-Calais, part pour son premier voyage Zellidja faire une étude sur les mines de diamants en Namibie.

Une fois sur place, elle demande une autorisation pour visiter l'un des gisements. Cela prend quelque temps et avant de pouvoir l'obtenir, elle loge chez des Namibiens rencontrés au marché. Ils sont pauvres et vivent à la périphérie de Windhoek, la capitale.

 

La famille qui l'accueille chez elle est très généreuse, lui réservant les meilleurs plats et l'un des rares lits de la maison sans rien lui demander en retour, et l'emmenant régulièrement aux fêtes du quartier. Tout le monde est intéressé par le thème de son voyage car les mines de diamants, exploitées par des entreprises étrangères, génèrent d'immenses profits qui ne reviennent pas à la population locale. Les plus chanceux peuvent travailler comme employés dans le tri des diamants, sous certaines conditions.

Or, l'attente pour obtenir son laissez-passer s'éternise et, au bout de dix jours dans cette famille, Emilie décide faire don à ses hôtes de 105 dollars namibiens, soit 15 euros, pour montrer sa reconnaissance et leur apporter un soutien matériel. On l'en remercie chaudement et, le soir même, Ina, la mère, lui propose de l'accompagner en ville. En passant devant une échoppe, elle repère les cahiers dont son fils a besoin pour l'école et demande à Emilie de les lui payer. Contente de pouvoir les aider, elle fait ce geste. Le lendemain, la voisine, fidèle amie de la fille de la famille et propriétaire des seuls WC du quartier dont Emilie se sert tous les jours, vient lui demander si elle peut lui avancer l'argent pour faire des photos d'identité : elle veut postuler pour un meilleur travail que celui de femme de ménage qu'elle occupe actuellement et ne peut pas se les payer. Emilie, en présence de la fille d'Ina, accepte, en lui faisant promettre de les lui rendre le plus vite possible. Mais le lendemain, la voisine a disparu. Elle est partie à la campagne et personne ne semblait s'y attendre. C'est alors un cousin qui vient demander à Emilie si elle peut donner quelques-uns de ses habits occidentaux, de bonne qualité, à ses enfants, ce qu'elle fait.

Emilie se rend chaque jour au siège de l'entreprise diamantaire et l'autorisation n'arrive toujours pas. Tout le quartier sait désormais qu'elle attend ce papier et qu'elle a suffisamment d'argent pour se permettre de donner 105 dollars namibiens (ce qui représente une belle somme pour une famille namibienne pauvre) à ceux qui l'accueillent. Une voisine vient la voir en lui proposant de l'héberger chez elle pour 10 dollars namibiens par jour, gîte et couvert compris. Emilie, pensant qu'il s'agit là d'une preuve qu'elle est un poids financier pour ceux qui l'hébergent et d'une occasion de payer sa présence à son juste prix, accepte et commence à faire son sac. Ina arrive alors et lui demande à combien on lui a proposé la nuit. Elle lui demande de lui verser 7 dollars namibiens par jour pour rester autant de temps qu'elle le souhaite chez elle -bien qu'au départ, Emilie ait été là gratuitement. Emilie décline la proposition et part de chez Ina sous ses regards courroucés.

 

- Emilie a-t-elle bien fait de donner de l'argent à la famille d'Ina ? Aurait-elle dû donner plus ou moins ?

- Aurait-elle dû donner cette somme dès son arrivée en expliquant qu'elle ne savait pas quand elle allait repartir, ou au contraire attendre son départ pour le faire ?

- Que répondre aux voisins, parents et amis qui quémandent, sachant que la famille n'intervient pas ?

- N'aurait-elle dû faire que des cadeaux en nature ?

- Est-ce que le thème de son étude a pu avoir une influence sur l'attitude de son entourage ?

- A-t-elle bien fait d'accepter la proposition de la deuxième dame ?

 

 

 

 

 

2. L’inégalité face aux soins

 

 

Aurélie est étudiante en médecine à Grenoble et effectue son deuxième voyage Zellidja au Vénézuela pour y étudier la médecine traditionnelle. Elle a 20 ans et est asthmatique depuis des années. Elle n’a été hospitalisée que lors de sa toute première crise d’asthme et depuis, s’est toujours tirée d’affaire avec sa Ventoline© (médicament contre l’asthme) et des précautions. Elle a bien sûr emporté sa bombe de Ventoline© en voyage et s’est enregistrée auprès du consulat français local.

Après un passage par Caracas, elle se rend dans l’intérieur du pays pour connaître une méthode de massage avec l’huile des fruits de la forêt, très efficaces contre l’arthrite.

Un jour, lors d’un repas pris en compagnie de journaliers dans un village isolé, la fille de l’un des travailleurs se met à siffler en respirant. Elle s’affole. Elle présente des symptômes qu’Aurélie connaît bien : ceux de l’asthme. Grâce à sa Ventoline© et à son expérience, Aurélie parvient à calmer la fillette jusqu’à ce que la crise cesse. Les journaliers lui sont très reconnaissants. Ils lui racontent que c’est la troisième fois que cela se produit, chaque crise étant plus violente que la précédente. Ils l’ont emmenée chez un médecin qui a diagnostiqué un asthme simple, mais qui demande quand même une surveillance : de la Ventoline© et un traitement médicamenteux parallèle. Les journaliers se sont cotisés pour payer le trajet jusqu’à la ville, la consultation du médecin et les médicaments, mais ils n’ont pas beaucoup de travail actuellement et ne pourront pas retourner à la ville avant plusieurs mois, d’autant plus que la route n’est plus praticable. Ils n’ont pu payer les médicaments, qui sont assez chers, que pour traiter une seule crise, et il n’en reste plus. Ils savent qu’une crise d’asthme non prise en charge peut tuer la fillette et sont très inquiets pour elle. Ils demandent à Aurélie si elle peut leur laisser son tube de Ventoline©, qui est neuf. Or, elle n’en a pris qu’un et sait qu’il lui faudra plusieurs jours pour gagner la ville la plus proche, et ce en traversant des champs et des forêts dont les plantes et les pollens lui sont inconnus et peuvent déclencher chez elle une crise d’asthme.

 

- Que doit-elle faire ? Leur donner son unique inhalateur, sachant qu’elle-même peut subir une crise d’asthme à court terme ?

- Ou le garder, sachant que cela expose la fillette à un danger de mort ?

- Aurait-elle dû éviter de le sortir pour ne pas avoir à se poser ce dilemme ?

- Que lui aurait conseillé le consulat français face à une telle situation ?

- Aurélie devrait-elle voyager sans entrer en contact avec la population défavorisée face aux soins pour éviter ce genre de situations ?

 

 


3.
Le rêve de l'European way of life…

 

 

Julie est partie au Mexique en 2004 pour son premier voyage Zellidja pour faire une étude sur les rebelles du Chiapas. A son arrivée dans la ville de Mexico, sachant qu’elle se trouvait dans un endroit dangereux, elle est allée directement frapper à la porte de Carlos et Amarela, des amis de Miguel, un de ses amis de la fac. Il a reçu une bourse de son gouvernement pour aller faire une thèse en France et, apprenant que Julie se rendait dans sa ville d'origine, l’a chaudement recommandée auprès d’eux.

Julie passe quelques jours chez Carlos et Amarela avant et après son enquête au Chiapas et leur donne ses impressions. Elle a rencontré des Indiens marginalisés, des activistes innocents en prison et des paysans sans terre ; et se sent très concernée par le sujet. Elle croit fermement en l’altermondialisme et leur confie combien, en France, elle défendra et fera connaître la cause des zapatistes.

Un mois après son retour, Julie reçoit un mail de Carlos : il est très content de l’avoir rencontrée et salue son travail. Il voudrait savoir si elle peut lui rendre service : il s’agirait de lui envoyer une lettre d’invitation en espagnol pour sa tante afin qu’elle puisse se rendre en France. Julie ne la connaît pas et demande des précisions. Il lui explique qu’il s’agit d’une personne extraordinaire, une infirmière qui l’a jadis recueilli et qui, ayant entendu parler de Julie et étant très impliquée dans la cause du Chiapas, souhaiterait venir en France pour travailler, connaître notre culture (qui la fascine) et si possible soutenir financièrement les rebelles.  

Enthousiaste et désireuse de rendre service à Carlos, Julie se renseigne auprès de la mairie : ces invitations sont courantes dans les pays qui n’ont pas d’accords migratoires fixes avec la France. Il s’agit en fait de se porter garant d’une personne qui a déjà obtenu un visa dans son pays, en lui assurant un logement. Si Julie se porte garante et ne peut pas loger la tante de Carlos, elle risque d'avoir un procès. Or, Julie habite dans un studio à Bordeaux prévu pour une personne et dont le loyer est financé par sa bourse du CROUS, et ses parents ont bien une chambre de libre à la maison, mais n’approuvent pas cette idée.  

Julie hésite. Elle demande son avis à Miguel qui l’encourage à accepter. Il ne connaît pas la tante de Carlos mais ce dernier à quand même accueilli Julie, c'est normal qu’il espère un retour.

 

- Julie doit-elle accelinkpter ou refuser ?

- Quel rôle joue Miguel ?

- Peut-on s’engager impunément dans une cause étrangère ?

- Quels risques prendrait Julie à accepter ? 

- Peut-on et doit-on rendre la pareille aux gens qui nous ont accueilli à l’autre bout du monde ?

 

 

 

4. L’attitude face à une dictature

 

 

Nadia, 18 ans, part pour son deuxième voyage Zellidja en Chine faire une étude sur les minorités du Xinjiang. Elle étudie le chinois et le parle assez bien. Alors qu’elle se promène dans Kashgar, une des grandes villes de la région, elle discute avec les passants qu’elle croise. Les discours sont tous les mêmes : vive la Chine. Et ce en chinois car le Xinjiang est une des provinces que le pouvoir central essaye de mettre sous sa coupe. La population locale est majoritairement ouïgoure mais les Chinois Hans arrivent par trains entiers pour s’installer dans la province. L’enseignement de l’ouïgour est interdit. Elle discute donc avec des Ouïgours dont les activités sont contrôlées par le parti. Elle visite une école, une manufacture de chaudrons, un bazar : partout, les mêmes réponses, automatiques.

Un jour, dans un café internet, une femme voit qu’elle navigue sur Yahoo France et vient la voir : elle souhaite lui parler. Elle lui demande si elle est journaliste (non) et invite Nadia à prendre un thé chez elle. Nadia accepte. La dame lui explique qu’elle est ouïgoure et qu’elle est en contact avec des Ouïgours exilés en Turquie. Nadia l’écoute attentivement et, en sortant de sa maison, rencontre un professeur de français. Il lui propose de lui montrer la mosquée et de dîner au bar de l’Alliance Française où il donne des cours. Elle accepte et, pendant le repas, l’écoute déplorer l’oppression chinoise contre les Ouïgours. Nadia lui parle alors de la femme rencontrée au café internet, sans dévoiler où elle habite, et lui propose de les mettre en contact, si elle est d’accord. Le professeur accepte avec joie et, le lendemain, Nadia se rend discrètement chez elle. Mais elle trouve sa maison vide, et la femme, disparue.

 

-         Que s’est-il passé ?

-         Qui peut être le professeur de français ? et la dame du café internet ?

-         Nadia doit-elle dire sur quel sujet porte son enquête ?

 

 

 

  

5. Le statut de la femme

 

Elsa part pour son deuxième voyage Zellidja en Egypte car elle est passionnée par ce pays, par sa civilisation et sa douceur de vivre. D’une manière générale, elle est charmée par la culture arabe. Elle est étudiante en archéologie et sait que l’Egypte a beaucoup à lui apprendre. Son sujet s’intitule : « Les hommes et les vestiges dans l’Egypte d’aujourd’hui». Son premier voyage avait pour thème et destination l’architecture des mosquées en Espagne et s’est très bien passé, mais elle souhaite à présent vivre une aventure plus en rapport avec ses goûts et ses aspirations.

Arrivée au Caire, elle se rend dans un petit hôtel pas cher de la vieille ville. Le soir, elle descend au bar de l’hôtel pour discuter avec les autres résidents, mais la salle est remplie d’hommes qui fixent avidement des chanteuses à demi-nues sur MTV et la regardent, elle, de manière insistante quand ils remarquent se présence. Elsa remonte donc dans sa chambre.

Le lendemain, elle part prendre des relevés de terrain dans un très ancien bazar du Caire. Comme elle n’est pas voilée, contrairement à la majorité des femmes présentes, elle ne passe pas inaperçue et ne peut pas dessiner tranquillement. Elle s’achète donc un voile, le met, et répond avec enthousiasme aux questions des curieux.

Ensuite, elle tient absolument à se rendre dans une célèbre mosquée. Mais l’imam est très conservateur et ne la laisse pas entrer sans être accompagnée d’un homme. Elle tient pourtant à y entrer. Entre-temps, Elsa s’est liée d’amitié avec un des employés de l’hôtel et lui demande s’il peut lui rendre ce service. Il accepte et l’accompagne afin qu’elle puisse épancher sa curiosité. L’imam leur jette un regard mauvais, mais les laisse entrer.

Une fois de retour à l’hôtel, Idriss, le jeune homme, lui propose de l’héberger dans sa famille qui vit dans la banlieue du Caire : ainsi, elle n’aura plus à supporter les sous-entendus des autres clients de l’hôtel qui sont tous des hommes. Elsa pense que c’est une bonne idée. En arrivant chez Idriss, elle s’entend tout de suite très bien avec ses deux sœurs et ses parents qui reçoivent rarement des étrangers, et encore plus rarement des étrangères. Ils l’accueillent comme une invitée de marque et la montrent aux voisins.

Lors d’un mariage où la famille est invitée et où elle les accompagne, on présente à Elsa l’oncle d’Idriss : c’est le gérant d’une boîte de nuit cairote et il a environ 35 ans. Il a beaucoup de contacts avec des étudiants en archéologie et connaît le directeur d’un musée d’archéologie dont l’accès est interdit au public. Il lui propose donc d’aller fumer une chicha avec ce dernier pour voir s’il peut lui accorder une autorisation. Elsa est aux anges. Ils vont donc fumer la chicha et elle discute longuement avec le directeur du musée : il lui permettra de consulter des archives normalement interdites d’accès. 

En sortant de la maison du vieil homme, l’oncle d’Idriss s’enflamme et annonce à Elsa qu’elle est le soleil qui brille sur sa vie, que son sourire est le bouquet de jasmin qui illumine chacune de ses journées et son caractère, celui d’une gracieuse gazelle à la recherche de la beauté du monde. Il lui explique qu’il côtoie beaucoup de femmes occidentales dans son métier et qu’elles l’ont toujours fasciné. Il a été marié, jadis, mais sa femme l’a trompé et sa famille l’a répudiée. Désormais, il a pris sa décision : il veut se remarier, mais avec une femme européenne, plus éduquée, plus active et ayant une conception occidentale du rôle de la femme car il est un homme avant-gardiste. Il demande donc Elsa en mariage.

 

-         Que devrait faire Elsa ?

-         Aurait-elle pu prévoir cette situation ?

-         Aurait-elle dû décliner l’invitation d’Idriss, de son oncle, l’aide du directeur du musée ?

Site de Zellidja : www.zellidja.com

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