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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 15:57

Décembre 2009: après un voyage mouvementé, de Philadelphie à Lyon en passant par Francfort et Montbéliard, au hasard du troc des Prem's, me voilà de retour à Lyon. Mon appartement ne m'a jamais semblé aussi froid. Il m'aurait fallu une cérémonie d'accueil, des gens qui font une haie autour de moi en dansant à l'entrée de mon immeuble. Je fais ce que je peux pour mettre un peu de couleurs, à défaut de me sentir chez moi. Je récupère une télé grâce au réseau freecycle, un objet pourtant très convoité dans le monde de la gratuité internautique. Je suis juste tombée la première sur cet email. Voilà un objet qui m'est très étranger. Je ne regarde jamais la télé. Pourquoi donc est-ce que j'ai sauté sur l'occasion de m'en procurer une ? Sans doute une envie de ressembler à tout le monde. ça fait tellement longtemps que je n'en ai pas allumée que je ne sais d'abord pas comment m'en servir. Je dois me procurer une antenne. Une fois chose faite, j'appuie un soir sur le bouton et... je tombe sur un film d'horreur. Je reste tétanisée devant ce que je vois. Valérie Damidot guide des familles qui veulent vendre vite leur logement car ils ont eu l'idée saugrenue de s'endetter sur 25 ans auprès de banques qui financent le trafic d'armes international pour en devenir les propriétaires. C'est bizarre, mais bon. Je découvre que des couples, âgés de seulement quelques années de plus que moi, vivent dans des maisons étonnamment spacieuses. Encore plus fou, au lieu de partir en voyage ils se sont endettés pour un deuxième logement, sans même avoir vendu le premier. Enfin disons que c'est un autre type de voyage. Certains doivent vendre leurs habits pour payer leur crédit. Et à côté de ça ils travaillent du matin au soir ! Je tremble en voyant avec quelle aisance ces gens ont investi des murs de béton, dans les banlieues lointaines et sans âme de grandes villes anonymes. ça n'a pas l'air de les déranger le moins du monde. A quel point ils ont l'air de tenir à leur bien alors que moi j'ai toutes les peines du monde à supporter les quatre murs qui m'entourent. Valérie Damidot m'amuse cependant car elle donne des ordres aux artisans, demande au carreleur de préparer le café, au peintre de porter des trucs lourds... Je suis un peu fascinée par ce film d'horreur, si éloigné de mon quotidien. Parfois, je cache mes yeux quand l'émotion devient trop forte. "Il faut abattre la contre-marche des escaliers pour faire entrer la lumière dans le salon", ordonne-t-elle. Et tchac tchac, trois coups de barre à mine et c'est fait. La contre-marche a volé en éclats et la lumière entre dans le salon. Vu l'angle sous lequel c'est filmé, je me dis que pas de doute, la maison a vraiment gagné en cachet, et Sylvain et Nathalie arriveront bien à la vendre, leur baraque, sans être obligés de se faire un sang d'encre à chaque jour qui passe. C'est sûr qu'ils n'y pensent pas, au vaccin contre la fièvre jaune et aux promotions du National express. Après Sylvain et Nathalie, il y a l'histoire d'un couple qui veut simplement changer de logement et qui a surtout l'air de s'ennuyer dans la vie. Comme on me l'a dit plus d'une fois, je suis tentée de commenter: "Vous savez, si vous partez, vous emporterez vos problèmes avec vous où que vous alliez".

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Published by Léonie - dans Récits de voyage
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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 15:54

Nous sommes allongés sur mon lit. Les pales du ventilateur tournent au-dessus de nos têtes tandis que, la tête appuyée sur le coude, je te parle de ma soirée d'adieux. Mon au revoir au Panama. Je parle depuis un petit moment quand tu m'annonces que tu ne viendras pas. Tu es triste que je parte, et tu me dis que tu n'aimes pas les soirées d'adieux. Ce soir est donc la dernière fois qu'on se voit. Après, on gardera le contact sur Facebook, Whatsapp et Skype, bien sûr, mais ça ne sera plus pareil. Tu ne viendras plus me chercher au Multiplaza avec ta camionnette chargée d'outils. Tu ne m'emmèneras plus prendre l'apéro le soir sur un banc devant les écluses de Miraflores. Tu ne me parleras plus de tes enfants, de ton ex. Je m'allonge sur toi et blottis mon visage contre ta poitrine. Très vite mes larmes coulent sur les poils de ton torse. Je ne peux pas m'empêcher de sangloter. Bien sûr, à partir du moment où je t'ai parlé de ma date de retour, et surtout quand le patron a décidé de me ramener plus tôt que prévu au siège français, j'ai rejoint dans ta tête la case des relations sans lendemain. Je me rends compte de tout ça seulement ce soir et je pleure à n'en plus finir, tandis que le ventilateur continue de tourner ses pales, impassible, au-dessus de ma tête.

Au revoir Panama
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Published by Léonie - dans Récits de voyage
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