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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 20:18

Noël 2012. En raison des fêtes de fin d'année, le risque d'attaque sur les défenseurs des droits humains, par l'armée notamment, est plus élevé. Jane et moi avons été envoyées pour faire de la présence dans la petite zone humanitaire de Voyalaplaya. Il y a une chance sur deux qu'il ne se passe rien. Le trajet est long, près de quatre heures au total. Nous prenons les moto taxis, puis le planchon pour traverser le fleuve, avec quelques jeunes militaires. Être à leurs côtés fait de nous des cibles potentielles s'ils venaient à être attaqués, mais ça ne dure pas longtemps. Ensuite, une demi-heure de pirogue nous éloigne de toute habitation. Nous débarquons dans une plantation de bananiers. Des fleurs de bananier, pourpres, magnifiques, ornent les régimes de petites bananes vertes. Il paraît que c'est une des cachettes favorites de grosses araignées noires. Il faut marcher dans la plantation. C'est la première fois que je viens par ici. Puis nous arrivons. La zone humanitaire de Voyalaplaya est un village tranquille. Les chiens dorment à l'ombre des maisons. Les poules se baladent. Les familles qui le peuvent font un repas un peu plus copieux pour ce jour de Noël. Nous saluons les uns et les autres. « Feliz Navidad ».
Il n'y a rien à faire. Jane et moi proposons un foot. Je suis gardien de but, je m'excite et arrête les balles en hurlant et en sautant partout. Au moment où je m'étale lourdement dans la boue en essayant d'en attraper une et que je me cogne le genou, le téléphone d'un des habitants sonne. Il vient nous voir. Une info tombe: des vaches sont entrées dans la zone humanitaire, pas très loin de là où nous nous trouvons.

Le problème est de savoir ce qui se passe réellement. Pour l'instant, il est juste question de vaches. Quelqu'un a découpé une clôture, et des vaches se sont barrées. Donc une nuisance visant la zone humanitaire semble-t-il. On continue de poser des questions au téléphone : qui a donné l'alerte ? Une paysanne. A qui ? A deux Américaines de Faith in Justice qui, nous l'apprenons alors, sont dans le coin en même temps que nous et vont nous rejoindre. Bon, au besoin, nous serons donc quatre. je sens que mon genou est en train d'enfler. Où se situe le lieu de l'incident ? Tout au bout de la zone, à 15 minutes de marche. Un type peut nous emmener. D'accord, et sur place que trouverons-nous ? Il y a un moment de flottement, ce dernier détail n'a pas l'air clair. Jane pose des questions à la permanence tandis que le type continue de demander ce qui se passe sur les lieux. Il y a bien un truc. Les vaches ne sont pas l'info importante, ni la clôture. Au bout du fil, il y a de l'agitation, de l'angoisse, dont l'ampleur ne peut être générée par une clôture endommagée. Je sens qu'il faut faire attention au détail, que dans la panique, des informations capitales peuvent être transmises comme des choses anodines. D'autant plus que le mec nous noie sous un flot de précisions inutiles. C'est le terrain de machin truc, ils n'ont pas le droit de faire ça le jour de Noël, il y a déjà eu des précédents, c'est nos terres, merde. Ça dure au moins dix minutes, et toujours pas moyen de savoir s'il est question de plus que de vaches échappées. Tout le monde parle en même temps. Démêler l'important du secondaire, suivre la bonne piste, savoir à quoi s'attendre, poser les bonnes questions à la bonne personne et savoir écouter la pertinence de la réponse, voilà un vrai savoir-faire. Ce n'est pas évident, et puis le mec n'est pas le roi de la synthèse. Petit à petit, une info émerge : des gens armés. Il est question de gens armés. Où, quand, combien ? On n'en saura pas plus. Le temps tourne, il faut y aller.  

Le mec nous amène, et peu après nous tombons sur les deux Américaines, qui doivent avoir notre âge. Elles n'ont pas l'air plus rassuré que moi, OK ça va, je ne suis pas la seule. Nous nous mettons à marcher à quatre en file indienne dans une autre bananeraie. Mon genou me fait mal, tant pis, ce n'est pas la priorité. Nous marchons de plus en plus vite. La tension est palpable. Je me demande sur quoi nous allons tomber.

Soudain, l'espace s'ouvre alors que nous sortons de la bananeraie, et j'ai ma réponse. Tout se matérialise: les vaches, qui elles n'ont pas l'air affolé et broutent dans les marécages, quelques paysans nerveux, et quinze mecs tout en noir, tous armés, une cagoule leur couvrant la bouche. Ils nous voient arriver et immédiatement, celui qui doit être le chef dégaine son téléphone portable. Il s'éloigne de quelques mètres pour passer un appel qui doit être en substance « il y a quatre gringas de deux ONG gringas. Qu'est-ce qu'on fait ? ». ça ne dure que quelques minutes pendant lesquelles je remarque que leurs uniformes comportent des matricules. Ces derniers sont cachés par un petit cache en tissu prévu à cet effet. Ce détail s'impose à moi brutalement. J'ai devant mes yeux des hommes, au moins certains d'entre eux, faisant probablement partie d'une force de l'ordre colombienne régulière. Armée ou police. Entraînés, payés, habitués. Leur fonction première est de s'occuper de l'ordre public en Colombie. Ils font ce métier. Ils ont du matériel pour cela, des uniformes, des troupes. Les mêmes que je vois en ce moment. Pour des raisons que je connais bien, leurs uniformes ont été équipés, à leur fabrication, d'un cache-matricule. Il doit y en avoir des milliers comme ça en circulation. Ce petit morceau de tissu a une fonction bien précise : ces mecs sont actuellement en mission spéciale. Leurs supérieurs les ont envoyés faire un truc pas prévu dans les missions des forces de l'ordre, soit sans doute laisser entrer les vaches des propriétaires terriens dans la zone humanitaire, et en accuser ensuite ses habitant pour pouvoir intervenir.

Pour effectuer cette mission, ils ne sont plus policiers, ils ne sont plus militaires, ils n'en rendront pas compte à la société colombienne. Leurs supérieurs les couvriront. Sauf que ces bonshommes sont bel et bien là. Ils sont dans un entre-deux gris et trouble, ils ne sont certainement pas des civils mais pas non plus identifiables comme membres des forces de l'ordre officielles. Ce sont des combattants d'autant plus dangereux qu'eux et leur mission, eux pour cette mission, n'existent pas officiellement. Ils ne sont officiellement pas là, pas en train de faire ça, ils ne sont répertoriés nulle part, je n'ai rien pour les identifier, ils sont une effraction du conflit armé dans la lutte pour le contrôle des terres de l'Uraba. Au beau milieu de ces grandes plaines marécageuses, dépouillées de leurs arbres, au milieu des arums, d'oiseaux au long bec, des hérons et des moustiques, j'ai devant moi la logique paramilitaire à l’œuvre.

La démocratie a foutu le camp quand ils ont couvert leurs matricules. Elle a flanché au moment où quelqu'un s'est dit qu'après tout ce serait mieux de se défendre soi-même contre les agressions plutôt que d'attendre une force d’État qui ne viendrait pas, et puis qu'il n'y aurait pas grand-monde pour protester alors que le résultat serait là, tangible, incontestable. Ils se cachent pour faire le sale boulot, les paramilitaires, et j'essaie de retenir le visage de ceux qui sont le plus proche de moi, à dix mètres peut-être. Je reverrai peut-être certains d'entre eux dans leurs fonctions officielles. Le face-à-face est très court. Comme par miracle les quinze mecs disparaissent. Ils tournent simplement les talons et s'évaporent dans la nature. Ils ne nous ont pas parlé, ont sans doute voulu éviter le contact. Ils sont partis vite. Je donnerais cher pour savoir qui était à l'autre bout du fil. Plus tard, Jane me reprochera d'avoir montré mes émotions lors de cette intervention.

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 00:44

Je suis sûre que tu as un bon fond. Tes yeux, tes attitudes me le disent. Je le vois à la flamme inquiète de ton regard quand tu te fais souci pour quelqu'un. Souvent, tu poses ton poing sur ta hanche et tu appuies ton épaule sur l'embrasure de la porte, le regard pensif. Tu es perfectionniste, tu veux faire les choses au mieux. Sans doute as-tu été recrutée pour ça. En fait, au fond, tu voudrais que tout aille bien, tout le temps, pour tout le monde.Tu ne cherches de poux à personne. Seule ton hygiène maniaque et tes gestes un peu apprêtés en agacent certains mais dans l'ensemble, tu ne t'en prendrais pas à ton prochain. Tu n'as pas de raisons de le faire. Pas de bol, parfois des gens méchants nous entourent. Eux ne se privent pas de faire du zèle. Ils ne se préoccupent absolument pas d'être respectueux et encore moins de ne pas blesser. Ils blessent. Personne ne les arrête. Ils sont scandaleusement impunis. Aujourd'hui, ils ont décidé de s'en prendre à moi. Avant moi, il y en a eu d'autres et après moi, il y en aura d'autres aussi.

J'ai un besoin désespéré que tu témoignes en ma faveur. Qu'au lieu de me dire tout bas ce que tu penses, tu l'écrives, tu le signes et que tu l'envoies. Que tu assumes.

D'un coup je ne te vois plus. Tu n'es jamais là quand je rentre au bureau. Tu évites de me croiser. Quand je t'adresse la parole, il y a toujours quelqu'un à portée d'oreille. Tu es très affairée. Il te faut faire l'inventaire de la trousse de secours et aussi recharger les téléphones, acheter les tickets de bateau pour dans dix jours, changer le ballon d'eau, lire le dernier rapport d'Amnesty International, acheter des goyaves (c'est la saison, dis-tu), désinfecter la maison, trier les stylos qui marchent de ceux qui ne marchent pas...

Subitement, il n'y a plus de soirées dans la maison. Un silence de mort règne quand je m'installe à un ordinateur. Je sens bien que quelque chose se trame. Un jour je te vois sortir du bureau avec ton gros trousseau de clés. Je t'emboite le pas. Entre la dernière porte que tu fermes et la première que tu ouvres pour passer au salon, il devrait s'écouler une minute ou deux tant les clés sont nombreuses et les protocoles complexes. Je t'attrape par l'épaule et tu es bien obligée de répondre. Tu as les yeux baissés, le pavé de la cour semble te fasciner au plus haut point, tout comme la clé du portail que tu cherches en farfouillant frénétiquement dans tes trousseaux qui cliquètent. Alors tant pis, je te tiens par l'épaule. Tu ne te dégages pas. Je te dis enfin, s'il te plaît, peux-tu coucher tes observations par écrit et les envoyer au coordinateur ? Pour moi ? Tu trouves enfin la clé et tu me marmonnes que tu n'auras sûrement pas le temps et tu tournes les talons.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 00:49

C'était un déplacement assez anodin, accompagner Eduardo au port de Turbo, la grande ville voisine, où un rendez-vous l'attendait. Son rendez-vous: la fille d'un leader paysan qui avait été témoin de son assassinat. Des paramilitaires avaient coupé sa tête puis joué au foot avec, de longues, terribles minutes, devant les villageois, au bord de la rivière, là où ils avaient l'habitude de venir se laver. Un témoin-clé, dans un cas emblématique dans le cadre du procès qui approche.

C'est mon premier accompagnement seule. Quand il est question de ne se déplacer que dans le centre-ville de Turbo, le niveau de sécurité a été évalué suffisant pour que les brigadistes se déplacent seuls avec la personne à accompagner. Je suis assez excitée. J'ai déjà pris la route au moins cinquante fois avec mon binôme. J'en connais déjà bien les courbes, les zones de brousse, les virages dangereux, les villages traversés, l'endroit où on pouvait s'arrêter au bord de la route pour acheter du yaourt, mais on a arrêté depuis qu'il nous a rendues malades, Jane et moi, un soir juste après l'avoir mangé. Je discute gaiement avec Eduardo dans le taxi. Il faut se méfier des chauffeurs de taxi, il y a beaucoup de mouchards parmi eux. Alors nous parlons de l'Europe. Très vite nous arrivons sur le lieu de rendez-vous, en face des bateaux en bois qui tanguent doucement sur une eau incroyablement noire et malodorante. Des débarcadères en bois, peints en rouge et jaune, font presque tout le tour du port. Les passagers s'y pressent. Quelques carcasses de bateaux à demi-coulées montrent leur proue ici et là dans l'eau. Sans guerre civile, le port de Turbo pourrait être beau. Il pourrait voir des bateaux en bon état acheminer des marchandises respectables. En fait, Turbo pourrait même devenir une ville bien plus importante, avec un commerce légal florissant. Son élan naturel est freiné depuis les années 30.

Le rendez-vous d'Eduardo se fait attendre. Des types tiennent les murs sous le patio du bar. Le témoin n'arrive pas. Un homme mal rasé s'approche alors et me serre la main en me disant "vous savez qui je suis ?". C'est sûrement un contact que je dois connaître. Je lui serre la main et me tourne vers Eduardo, qui semble être en train de penser la même chose. Il lui serre aussi la main. "Non, vous ne savez pas qui je suis ?", poursuit le type. Un courant d'air glacé s'installe sur l'esplanade du bar quand il récite: "Je suis des AUC. Je suis un paraco. Et je sais très bien pourquoi vous êtes là. Vous m'avez l'air bien calmes. Très, très calmes".

Hein quoi ? Je rêve ? Les AUC ne sont plus censées exister, maintenant il faut dire les Bacrim, les bandes criminelles. Mais on s'en fout, en fait. Ce type nous menace. Je me tourne vers Eduardo, qui est devenu livide. Mince, c'est à moi d'intervenir. Je dégaine mes outils: les directives présidentielles 07 et 09, et puis le super joker: "le général Martinez est tenu au courant de notre déplacement et il sait que nous nous trouvons ici".

Voilà. C'est ce que j'ai. C'est sensé marcher. A cet instant normalement la dissuasion doit fonctionner, la peur des conséquences diplomatiques, le coût politique très élevé à menacer des Européens, à ce qu'ils soient témoins de ces vilenies qui ont été pensées et orchestrées pour rester entre Colombiens, sur un territoire restreint, dans un milieu opaque. Brandir à bout de bras ma qualité de Française pour crier mon indignation devant ce dont je suis témoin: quoi, les milices d'autodéfense n'ont pas été démobilisées en 2005 ?! Elles existeraient donc encore ! Qu'entends-je ! Des menaces orales envers deux représentants d'organisations de défense des droits humains ?! Ciel, je vais me plaindre à mon ambassade !

Mais le type cille à peine. Il ne bouge pas, pas plus que les autres hommes autour de nous. Complices en civil ou simples passants, je sens bien que personne n'interviendra si l'homme décide de nous attaquer. Ou quelqu'un d'autre. Il n'a pas l'air armé, au centre de cette ville de taille importante, en milieu de matinée, avec beaucoup de passage, mais nous sommes dans un endroit où la violence a déjà ôté beaucoup de capacité d'intervention et de résistance au quidam moyen. C'est très dangereux de s'opposer aux paracos. Alors oui, tous ces passants nous laisseront nous faire tuer. Et puis c'est bizarre, il n'y a pas un seul policier alentour, alors qu'on les repère si vite d'habitude avec leur gilet jaune fluo.

Eduardo me demande à ce qu'on s'en aille, nous allons vite nous réfugier dans un magasin, je surveille l'entrée en appelant la permanence pour signaler un incident de sécurité. Nous devons quitter rapidement Turbo et mettons une éternité à trouver deux places dans un colectivo pour revenir sur nos pas. Les minutes sont incroyablement longues. Des gamins jouent autour de nous à la gare routière, les voitures pleines à craquer passent, ainsi que des cyclistes. Toute la petite vie de Turbo est là, affairée. Aujourd'hui ce fut notre tour d'entrer dans la logique de la menace, de courber l'échine devant elle, en renonçant à nos projets, en filant la peur au ventre face à ses allusions. Une voiture vide se présente enfin.

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 19:40

Les types du quartier me racontent une histoire. Encore un de ces trucs atroces qui viennent du Magdalena. Un bien joli nom, pourtant, pour cette province du Nord de la Colombie. Le Rio Magdalena, imposant fleuve la parcourant, était réputé, en ces temps troublés, contenir plus de morts que de poissons. Hernan était de passage dans un des villages du bord du fleuve. Il livrait du gaz et en avait profité pour siroter une bière avec Beltran et Deiner dans la moiteur de la fin de journée. Le soleil donnait déjà des signes de chute imminente à l'horizon. Ils virent une petite barque de pêcheur passer. Un homme leur faisait de grands signes des bras, debout dans l'embarcation. "Il en arrive cinq!" criait-il. Cinq quoi ?

Un autre bateau arriva quelques minutes plus tard, descendant le fleuve sans capitaine. Cinq corps y étaient assis, nus, l'un derrière l'autre, décapités et les mains liées derrière le dos. Des hommes et des femmes. Toute la terrasse du bar se tut d'un coup. Le bateau filait tout droit. Il allait bientôt arriver au ponton.

Le maire qui était assis à sa table habituelle sauta sur ses pieds et dévala l'escalier jusqu'à la berge. "Arrêtez ce bateau !" criait-il. Manœuvres, journaliers, notables, ils firent tout ce qu'ils purent, à grands renfort de cordes, de bâtons, de filets, pour stopper la descente macabre de la chaloupe. Ils l'amarrèrent au rivage et restèrent glacés d'effroi devant ces corps sans tête, sans identité. "Il faut absolument leur trouver une sépulture", décréta le maire. "De toute façon, ils ne trouveront pas de place ailleurs, personne ne viendra les réclamer, et personne ne sait qui ils sont". Ce fut rapidement fait. Un petit emplacement fut donné à ces morts anonymes dont le voyage s'était terminé dans le village du bord du fleuve. On ne connaissait ni leurs noms, ni leur histoire, mais la marque des paramilitaires était évidente et leur but, limpide: liquider des adversaires et par la même occasion terroriser la population, annoncer ce qui arriverait à tous ceux qui leur résisteraient. Le curé eut des mots tremblants pour eux. C'était des corps jeunes. Les mères du village, qui avaient perdu un fils, parti dans les montagnes de Colombie, ou un mari, tué par l'armée, revêtu d'un uniforme afin de simuler la mort d'un guérillero au combat afin de toucher une prime, se réunirent autour des tombes fraîches. Elles n'avaient jamais retrouvé les restes des leurs, n'avaient pas d'os autour desquels pleurer. Alors, elles décidèrent d'adopter les ossements anonymes, de les chérir comme si c'était les leurs. Et régulièrement, elles venaient déposer sur leurs tombes de petites pierres peintes, vivement colorées, et de belles fleurs blanches.

Le bateau sans capitaine
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